" Mais regarde-toi. Tu n'as rien d'une fille. Tu te caches sous des fringues trop larges. Tu n'oses pas parler à quelqu'un en le regardant dans les yeux. Tu te poses des questions sans cesse et cherche à tout comprendre. Tu voudrais tout contrôler, mais c'est bien évidemment impossible. Tu n'oses pas croquer la vie à pleines dents, par peur que ce ne soit la vie qui te dévore. Tu veux réussir ce que tu entreprends, quitte à faire des choix radicaux pour cela. Ton perfectionnisme te tuera, ma pauvre chérie. Tu es libre mais pas dans ta tête. Puis tu l'as rencontré, toutes tes certitudes se sont effondrées. Il t'a touché au plus profond de ton âme. Tu ne calcules plus les choses. Et quand il part, tu t'effondres. Tu ne comprends pas, petite idiote. Il est bien là le soucis. Tu as attrapé le virus, cette merde qui traine partout. Cette chose infâme qui te mutile de l'intérieur et cherche à sortir. Tu la calmes et l'adoucis, comme on caresserait un chat sur ses genoux. Dans le sens du poil, tu la prends cette horreur. Tu parviens à l'amadouer et à la convaincre de se taire. Tu continues de compter les jours, et tu fais comme si. Tu crois réussir à dompter ce sentiment répugnant. Puis le hasard frappe à la porte. Et toute cette saleté, toute cette connerie, toute cette émotion à la noix te remonte en travers de la gorge. Tu te ronges de l'intérieur, et de l'extérieur aussi. Puis ton cerveau abandonne. Tu ne peux plus y arriver, te dit-il. Tu te sens mal, ne respire plus. Ton regard tombe sur lui.
Et puis, & puis ...
Et puis l'amour étouffé, l'amour ignoré, l'amour shooté se réveille malgré tous tes efforts. Il se réveille et te donne la nausée. Vidée. Exténuée. Alors tu fais semblant, après tout tu es douée à ce jeu là. "